La pollution lumineuse : un enjeu pour nos territoires
Entre 2014 et 2022, l'éclairage nocturne a progressé de 16% à l'échelle de la planète, soit une augmentation de 2% par an.
A l'inverse du reste du globe le continent Européen fait figure d'exception avec un recul de 4% sur la même période. En France, ce phénomène est particulièrement marqué avec une réduction de 33% de la lumière visible.
Cette évolution positive est due à un vaste mouvement de rénovation de l'éclairage public par les collectivités dans un contexte de crise énergétique.
Malgré cela, 72% du territoire hexagonal est exposé à la pollution lumineuse en 2023.
La France compterait néanmoins plus de 14,5 millions de lampadaires et enseignes lumineuses sur son territoire.
Or près de la moitié de ces lampadaires sont vieillissants et émetteurs de pollution lumineuse (dispersion de la lumière, dans l'environnement et vers le ciel).
Le déploiement accéléré de nouvelle technologie (notamment LED) si elle permet de baisser drastiquement les consommations énergétiques pose de nouvelles questions sur des potentiels mésusages.
Cette pollution lumineuse est responsable :
- D’une dégradation de la visibilité du ciel étoilé ;
- D’une perturbation de la biodiversité nocturne (64% des invertébrés et 28% des vertébrés sont partiellement ou exclusivement nocturnes);
- D’une atteinte à la santé humaine (détérioration de la qualité du sommeil, stress chronique) ;
- D’une surconsommation énergétique (40 % de la consommation d’électricité d’une collectivité est imputable à l'éclairage public).
Chiffres clés
+16%
de territoires éclairés dans le monde (entre 2014 et 2022)
- 6%
de territoires éclairés en Europe entre 2014 et 2022
72%
du territoire métropolitain français exposé à la pollution lumineuse en 2023
14.5 millions
de lampadaires et enseignes lumineuses, en France
Protéger le ciel étoilé dans le Parc national des Pyrénées
Depuis près de 15 ans, le Parc national des Pyrénées agit, à l’échelle de son territoire, pour diminuer la pollution lumineuse afin de sauvegarder le patrimoine que représentent les cieux étoilés et de limiter les perturbations sur la biodiversité.
Co-gestionnaire de la Réserve Internationale de Ciel Etoilé du Pic du Midi (RICE) depuis 2016, le Parc national participe notamment à la conception, la réalisation et au suivi d'études sur le thème de la trame sombre, de l'évolution de la pollution lumineuse et de son impact sur la biodiversité nocturne.